René Préval pour un « troisième mandat » mais au poste de premier ministre, avec un « président fantoche »

  L’ancien ministre de la justice sous le premier mandat de René Préval (1996-2001) et président du mouvement sociopolitique « Aimer Haïti », Me Camille Leblanc, a fait état ce samedi, sur les ondes de Radio KISKEYA, d’étonnantes déclarations qu’aurait faites le chef de l’Etat, René Préval, lors d’une rencontre jeudi soir en sa résidence privée avec une trentaine d’hommes d’affaires.

Au nombre des hommes d’affaires présents, Camille Leblanc cite Moscoso, Vorbe, Braun et Bonnefil.

M. Préval aurait clairement laissé entendre à ses invités qu’il entendait « partir pour un 3ème mandat » en devenant prochainement premier ministre, grâce à 80% des sièges au Parlement que remporteraient les candidats de la plateforme politique présidentielle INITE (UNITE), « avec le concours du Conseil Electoral Provisoire (CEP) ». [Selon la Constitution haïtienne, le premier ministre est issu du parti majoritaire au Parlement].

Dans le cadre de la même entreprise, René Préval aurait fait savoir à ses invités qu’« il faudra barrer la route à des candidats populaires », estimant toutefois nécessaire la participation de Mirlande Manigat (RDNP) et de Charles Henri Baker (RESPECT) pour « donner de la crédibilité au scrutin dont le taux de participation serait satisfaisant pour la communauté internationale s’il se situe autour de 4 ou 5% ».

Toujours selon Me Leblanc, le chef de l’Etat aurait exprimé l’intention de « choisir » lui-même une personnalité sans envergure pour l’élection présidentielle laquelle ne se tiendrait pas forcément le 28 novembre, comme il est officiellement prévu. Il aurait également projeté de rester en poste jusqu’en mai 2011, le temps que la nouvelle législature procède à l’amendement de la Constitution.

Interrogé sur l’attitude des invités de M. Préval face à un tel exposé, Me Leblanc précise qu’il n’a été suivi d’une quelconque objection. Certains d’entre eux ont dissimulé leur étonnement, ajoute-t-il. D’autres ont mordu à l’hameçon tendu par M. Préval quand, en conclusion de son exposé, il a demandé aux uns et aux autres ce qu’il pouvait faire en leur faveur dans des domaines les concernant. Plus d’uns ont alors approché le chef de l’Etat pour solliciter toutes sortes d’actions particulières des pouvoirs publics, indique l’ancien ministre de la justice.


Un ex-chef de gang, évadé de prison, appréhendé dans un camp de sinistrés du tremblement de terre du 12 janvier

  Des unités de la police de l’ONU et de la Police nationale d’Haïti ont procédé à l’arrestation du chef de gang de Cité Militaire Jean-Baptiste William (alias « Ti Blan ») lors d’une opération conjointe menée à Martissant dans la nuit du 21 au 22 juillet 2010, plus précisément au camp d’hébergement du quartier de Sainte-Bernadette où le bandit s’était réfugié.

A l’instar de nombreux détenus, « Ti Blan » s’était évadé du Pénitencier national à la faveur du séisme du 12 janvier. Il a été appréhendé pour viols perpétrés à Port-au-Prince suite à des dénonciations de témoins via le numéro d’urgence 113 de la Police nationale.

Au fort de « l’Opération Bagdad » (vaste offensive de terreur lancée par les partisans d’Aristide immédiatement après son renversement en février 2004), « Ti Blan » avait semé la terreur dans le quartier de Cité Militaire et dans toute l’aire de l’aéroport international de Port-au-Prince. Appréhendé lors de la vaste opération de la police nationale et des casques bleus de l’ONU pour pacifier les zones de non-droit, il devait par la suite être jugé et condamné, notamment pour viol.

Une seconde opération conduite à Croix Deprez a permis l’arrestation d’un autre évadé du Pénitencier national, également suspecté dans des affaires de viols.

« Ces opérations ciblées organisées conjointement par le bureau des opérations de la UNPOL et la PNH, avec le renfort des Groupes Tactiques d’Intervention (aussi appelées SWAT) des Nations Unies, visaient à réduire les crimes sexuels contre les femmes et les filles », informe un communiqué de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

« Les actes de viol sont inacceptables et cruels. Grâce aux efforts conjoints de la Police et de la population nous pouvons diminuer le nombre de ces crimes sexo-spécifiques. Il faut continuer d’appeler le 113 jour et nuit pour permettre à la Police d’arrêter et de faire traduire en justice ces criminels », a indiqué l’officier de communication de la Police des Nations Unies (UNPOL), André Leclerc.


Inondations à Léogâne : 1 mort et 1.169 familles sinistrées

Au moins une personne a été tuée dans des inondations ayant sévèrement affecté deux sections communales de Léogâne (35 km au sud-ouest de Port-au-Prince) où 1.169 familles sont sinistrées à la suite de fortes averses ayant provoqué des inondations.

Selon Philippe Joseph, coordonnateur local de la protection civile, joint par Radio Kiskeya, un homme non identifié d’une quarantaine d’années a été retrouvé noyé dans la rivière Momance.

A Grande-Rivière et à Dessource, respectivement première et troisième sections, les familles dont les maisons ont été inondées sont restées aux abois faute d’intervention de la protection civile.

Un rapport a pourtant été acheminé en ce sens à la direction de cette instance qui relève du ministère de l’intérieur, a précisé Philippe Joseph.

Une excavatrice et un bulldozer appartenant au ministère de l’environnement et qui se trouvent sur place devraient être mis à contribution pour les premiers travaux destinés à normaliser quelque peu la situation autour de Léogâne, ville déjà dévastée par le séisme du 12 janvier.

Le coordonnateur de la protection civile affirme que la Cité Anacaona n’a pas été directement touchée. Mais, deux banlieues et les sections communales susmentionnées sont en piteux état.

Cette semaine, des riverains avaient paralysé la circulation sur la route nationale #2 à hauteur de Léogâne afin d’exiger des autorités des interventions appropriées à la suite des dernières pluies.

A Montrouis, dans le Bas-Artibonite (nord), des inondations avaient fait le week-end écoulé quelque 150 sinistrés et causé d’importants dégâts matériels.

Selon les prévisionnistes américains, Haïti pourrait être mise à rude épreuve au cours de la saison cyclonique qui risque d’être très active jusqu’à fin novembre.